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Les Cappuccini stimulent Healy et Roglic

13/05/2023

Morale des 7e et 8e étapes du Giro : une petite bosse de 2 km peut faire plus de dégâts que 40 kilomètres d’ascension… pour peu que la répétition des efforts aient sapé les jambes de tout le monde pour mieux faire briller les hommes forts du jour. Samedi, Ben Healy (EF Education-EasyPost) et Primoz Roglic (Jumbo-Visma) se sont déchainés sur les pentes de la montée I Cappuccini, avant la plongée vers Fossombrone, où l’Irlandais s’est offert un succès de prestige après un grand numéro en solitaire. Le Slovène parvenait de son côté à faire plier Remco Evenepoel (Soudal Quick-Step), contraint de lâcher 14 secondes à la veille du grand rendez-vous de Cesena.

Avec ses pentes à 18%, l’ascension qui avait déjà enflammé Tirreno-Adriatico en 2019 était un tremplin idéal pour passer à l’attaque, au lendemain de l’arrivée au Gran Sasso d’Italia freinée par le vent de face. Healy a profité du premier passage sur ces pentes pour distancer ses 12 compagnons d’échappée et foncer vers la cinquième victoire de sa carrière, la plus prestigieuse. Roglic a ensuite exploité la deuxième ascension des Cappuccini pour déchainer sa puissance. Seul le duo de Grenadiers formé par Geraint Thomas et Tao Geoghegan Hart a pu l’accompagner dans son offensive.

Healy seul contre tous

Il faut dire que les deux animateurs du jour trouvaient dans cette 8e étape un terrain particulièrement à leur convenance. L’Irlandais est la révélation de l’année 2023. Ses premières conquêtes nous ont appris qu’il adore les courses intenses sur des parcours musclés comme ceux qui l’ont vu triompher sur le GP Industria & Artigianato ou briller sur l’Amstel Gold Race (2e, seulement battu par Pogacar) et Liège-Bastogne-Liège (4e).

Il n’était donc pas surprenant de le voir animer le début d’étape, dès le départ de Terni. Les candidats à l’échappée étaient nombreux. Healy était peut-être le plus vaillant, pour forcer une première sélection avec trois compagnons. Ils ont parcouru 50,8km dans la première heure, avant d’en voir neuf autres rejoindre la tête de la course et former le bon coup du jour après 80 kilomètres de bagarre.

On retrouvait des noms connus, comme ceux de Valentin Paret-Peintre (frère d’Aurélien, vainqueur de la 4e étape) et Mattia Bais (frère de David, vainqueur de la 7e étape), mais aussi Filippo Zana, Warren Barguil, Carlos Verona, Toms Skujins… Autant de clients qui ont subi la loi d’Healy lorsque celui-ci s’est envolé à 51km de l’arrivée pour le plus beau succès et le plus beau solo de sa carrière (il s’est notamment révélé avec un numéro solitaire sur les championnats d’Irlande 2020, alors qu’il n’avait que 20 ans).

Roglic se lance

Éprouvé par la grande bagarre initiale, le peloton a d’abord laissé les compagnons d’Andreas Leknessund (Team DSM) prendre la mesure de l’échappée du jour. Barguil incarnait la principale menace pour le classement général, avec un retard de 6’39’’ au départ de l’étape. Le Breton a d’autres objectifs et, de fait, il n’a jamais été leader virtuel du classement général lors de cette étape.

Roglic rêve pour sa part d’arriver à Rome en Rosa. Dominé par Evenepoel lors du contre-la-montre d’entrée, le Slovène a placé une vive accélération dans la dernière ascension du jour. Et il ne s’est pas retourné. Il n’a donc pas vu Leknessund sauter dans sa roue puis perdre du terrain. Il n’a pas vu, non plus, Evenepoel tenter vainement de s’accrocher avant d’être dépassé sur le sommet par Thomas et Geoghegan Hart.

Le duo britannique a repris Roglic dans la descente et les trois hommes ont creusé un écart de 14’’ sur leurs poursuivants (Evenepoel, mais aussi Vine, Almeida, Caruso, Haig, Dunbar et Sivakov), pendant que Leknessund lâchait 20 secondes de plus et conservait la Maglia Rosa pour 8’’ sur Evenepoel. La bataille fait rage. Et un nouveau contre-la-montre attend tous ces cadors dimanche à la veille du premier jour de repos.

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