Au milieu de l’abondance de jeunes talents français qui émergent, Mathys Rondel (Tudor) mérite qu’on s’attarde bien plus sur lui. Le jeune Manceau de l’équipe Tudor Pro Cycling a tout pour séduire : de longues jambes taillées pour la montagne, une tête solidement accrochée sur les épaules, d’excellents résultats depuis le début de saison, un amour de la nature qui n’est pas sans rappeler Thibaut Pinot et une passion pour les courses italiennes brillamment alimentée par ses premières escapades transalpines.
Le grimpeur de 22 ans a notamment participé à deux éditions du Giro Next Gen, où il a tout particulièrement brillé en 2024 : 4e à l’arrivée, dans le même temps que Pau Marti (3e), à 58’’ du vainqueur Jarno Widar. Quelques semaines plus tôt, il impressionnait déjà en prenant la 11e place du Tour of the Alps, à seulement 20 ans. L’an dernier, on l’a également vu se hisser à la 4e place du Giro d’Abruzzo. Et ce printemps on le retrouve à la lutte pour le top 5 sur le Tour of the Alps, son dernier rendez-vous avant de découvrir le Giro, dans la continuité de belles performances sur l’UAE Tour (12e) et Paris-Nice (8e).
Pour son premier Grand Tour, il fera notamment la paire avec l’Australien Michael Storer, 10e de la Corsa Rosa en 2024 et 2025. Pour Rondel, l’heure est à la découverte. Mais les rêves de Maglia Rosa sont déjà là.
Comment imaginez-vous le Giro ?
M.R. : Je dirais que ce sera long et dur. C’est sûr que j’ai un peu l’habitude maintenant des courses d’une semaine, dix jours. Donc, je vois ce que ça donne. Je sens que je récupère de mieux en mieux au fil des journées, malgré la dureté. Donc j’espère que ce sera le cas sur le Giro. Mais on va voir. L’intensité, le stress, la difficulté : tout sera multiplié par trois ou quatre. Donc je suis pressé de voir comment mon corps réagit en deuxième et troisième semaines, et de voir comment je m’adapte. Ça, c’est encore des inconnues. Le but, c’est juste de voir comment le corps réagit.
Pourquoi avoir choisi le Giro comme premier Grand Tour dans votre carrière ?
M.R. : C’est le Grand Tour que j’aime le plus. Il y a toujours de très beaux parcours en montagne, des conditions météo qui changent, et une course dure. J’aime bien courir en Italie, avec l’ambiance et la ferveur. C’est aussi une période de la saison où souvent je suis en forme. Donc j’ai demandé à l’équipe de me mettre sur le Giro, parce que je voulais vraiment y participer, plus qu’à un Tour de France, qui est un peu trop dur pour commencer, et qu’une Vuelta, où la forme est plus incertaine en fin de saison.