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Paul Magnier, la dolce vittoria

28/05/2026

Lauréat de la 18e étape du Giro d’Italie 2026 à Pieve di Soligo, Paul Magnier (Soudal Quick-Step) a conquis la 29e victoire de sa carrière professionnelle, mais la toute première sur le sol italien. Lui qui s’était déjà révélé ici, remportant notamment le classement par points du Giro Next Gen 2024, a fait en Vénétie un grand pas vers la conquête de la Maglia Ciclamino. Inscrivant, déjà, un peu plus son nom aux côtés des Français qui ont écrit l’histoire de la Corsa Rosa.

 

Duel pour la Maglia Ciclamino

 

Paul Magnier (Soudal Quick-Step) était déjà l’une des sensations de ce Giro d’Italia 2026. Vainqueur à Bourgas (étape 1) et Sofia (étape 3), premier porteur de la Maglia Rosa, le Français avait marqué de son empreinte cette 109e édition de la Corsa Rosa. La conquête de la Maglia Ciclamino étant à son agenda, il se devait d’empocher d’autres victoires. Notamment parce que Jhonatan Narvaez (UAE Emirates XRG) a décidé de lui disputer ce classement par points, lui dans un style de puncheur. Le parcours s’y prête, et un duel inédit entre les deux hommes anime désormais les journées sur la route de Rome.

 

Jhonatan Narvaez avait réussi à conquérir trois étapes, à l’inverse de Paul Magnier qui s’en était pourtant rapproché. Ce troisième succès lui avait échappé dans le final tumultueux de Naples, où il était néanmoins revenu de loin après avoir été gêné dans une chute pour terminer troisième. Le Français avait aussi remporté le sprint du peloton dans les rues de Milan, mais cela ne valait « que » pour la cinquième position. Cette victoire sur le sol italien – les deux premières ayant été obtenues en Bulgarie – lui manquait. Elle a finalement été décrochée lors de la 18e étape à Pieve di Soligo. Paul Magnier s’attendait pourtant à la remporter avant, ou ailleurs. Mais certainement pas ici.

 

Paul Magnier : « Je ne m’attendais pas à sprinter ici »

 

De fait, le sprinteur de la Soudal Quick-Step faisait partie des premiers hommes en difficulté lorsque la route s’est élevée peu après Fai della Paganella, et le Muro di Ca’ del Poggio était encore loin. Il était alors inimaginable de le penser au contact des leaders à l’approche de l’explication finale. « Je ne m’attendais pas à sprinter ici », a-t-il d’ailleurs reconnu à l’arrivée. « Cela rend la victoire encore plus belle. Je peux vraiment remercier mon équipe pour leur confiance, car je n’étais moi-même pas confiant ce matin. J’ai même été lâché dans la première montée et j’ai dû me reconcentrer. »

 

Si les jours de gloire des sprinteurs sont indissociables du travail accompli par leurs équipes, c’est peut-être plus vrai que jamais aujourd’hui. Sans ses hommes, Paul Magnier n’aurait pas raccroché le peloton, puis basculé quelques secondes après les hommes de tête au Muro. « Pour être honnête, je n’arrive déjà même plus à me souvenir du final. Je ne me rappelle que de mes coéquipiers et du super travail fait par Jasper (Stuyven) pour m’emmener. Je suis si fier d’eux », remerciait-il à l’heure de commenter son sprint.

 

Rome et la Maglia Ciclamino dans le viseur

 

Et maintenant ? Déjà vainqueur à trois reprises, Paul Magnier peut égaler le record de succès français sur un Giro d’Italia (quatre victoires pour Bernard Hinault en 1982 puis Arnaud Démare en 2020). Il lui reste l’étape de Rome, ce dimanche, pour cela. Celui validerait sans doute définitivement sa conquête de la Maglia Ciclamino face à Jhonatan Narvaez, devenant le quatrième français à remporter le classement par points après Laurent Jalabert (1999), Nacer Bouhanni (2014) et Arnaud Démare (2020, 2022).

 

Il semble que les « Paul » français aient la cote dans le peloton en ce moment. La montagne avait sa nouvelle pépite, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM). Les sprints semblent avoir trouvé la sienne avec l’autre Paul, Magnier. À 22 ans, lui aussi a l’avenir devant lui. L’histoire se souviendra que c’est sur le Giro d’Italia que se sont écrites les premières lignes dorées de sa carrière. L’Italie, un pays où il avait déjà fait ses armes en gagnant chez les jeunes sur le Giro della Lunigiana 2022, puis le Giro Next Gen 2023. Il en avait d’ailleurs conquis le classement par points. Un signe avant-coureur du destin romain qui sera le sien dimanche ?

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