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Les vérités de l’Etna

10/05/2022

Arrivé en Sicile, après les trois étapes de la Grande Partenza hongroise, le Giro d’Italia 2022 a enclenché toute une série de nouvelles dynamiques à l’occasion de son premier grand rendez-vous au sommet, mardi, sur les pentes de l’Etna. Le chasseur Lennard Kämna (Bora-Hansgrohe) a conquis un nouveau territoire ; son dauphin au sommet Juan Pedro Lopez (Trek-Segafredo) a délogé Mathieu Van der Poel (Alpecin-Fenix), porteur de la Maglia Rosa depuis son succès inaugural à Visegrád ; et les favoris ont lancé la bataille pour la victoire finale. Accrochez-vous, les 172km du jour ont été animés !

Le ton était rapidement donné, à la mi-journée, lorsque le peloton s’est éloigné d’Avola, la ville de Paolo Tiralongo (triple vainqueur d’étape sur les sommets du Giro dans les années 2010). Les baroudeurs des premiers jours étaient sortis dès le km 0. Cette fois, il a fallu une vingtaine de kilomètres de bataille acharnée pour permettre à Lilian Calmejane (AG2R-Citroën) d’être la 14e et dernière pièce d’une échappée nettement plus fournie que celles observées dans les plaines hongroises.

Superman met pied à terre

Les “animateurs” des premières étapes avaient laissé place à des experts des échappées qui mettent dans le mille. Vainqueur sur le Tour de France, le Critérium du Dauphiné, la Volta a Catalunya ou encore le Tour of the Alps dans ce registre, Kämna est peut-être le meilleur spécialiste du moment, à seulement 25 ans. Comme l’Allemand, Calmejane découvre le Giro d’Italia cette année, et lui fait partie de la poignée de coureurs qui peuvent, au fil de ces trois semaines, devenir des vainqueurs d’étapes sur les trois Grands Tours.

Miguel Angel Lopez (Astana-Qazaqstan) appartenait aussi à cette liste mais le grimpeur colombien n’a pas supporté le changement de terrain et de rythme sur les routes siciliennes. Touché à une hanche, celui qui était monté sur le podium du Giro en 2018 a abandonné avant même de voir l’Etna.

Il n’était pas le seul en difficulté rapidement : vainqueur dimanche, Mark Cavendish avait salué le travail des Quick-Step Alpha Vinyl pour le mener à la victoire ; il a cette fois eu besoin de ses équipiers pour simplement rallier l’arrivée, tout au fond de la classe, à près de 36 minutes du vainqueur. Jakub Mareczko (Alpecin-Fenix), 5e dans le sprint de Balatonfüred, devait lui abandonner.

Carapaz et Bardet en vue, Dumoulin et Martin distancés

Il était de toute façon acquis que les sprinteurs devraient attendre mercredi, et l’arrivée à Messine, pour viser un nouveau succès d’étape. Sur les pentes de l’Etna, se posait une question immuable : victoire pour l’échappée ou pour un favori ? Les coureurs d’Ineos Grenadiers et de Bahrain Victorious se sont bien employés tout au long de la journée, mais les hommes de tête attaquaient les 23km de l’ascension finale avec une avance de 6 minutes. Le succès les attendait au sommet, et la Maglia Rosa se dessinait également alors que Van der Poel était rapidement décroché sur les premières pentes.

À l’avant, tout s’est joué par assauts successifs. Stefano Oldani (Alpecin-Fenix) a anticipé les pentes les plus difficiles, Juan Pedro Lopez a tenté de faire la différence avec son poids plume, et Lennard Kämna a parfaitement calculé son effort pour reprendre l’Espagnol à 2,5km du sommet et finalement l’aligner au sprint. Lopez pouvait se consoler avec la Maglia Rosa, qu’il endosse avec 39’’ d’avance sur son rival allemand.

Dans le peloton, on observait plutôt les victimes du train imposé par les hommes de Richard Carapaz (Ineos Grenadiers). À l’arrivée, ils n’étaient plus que 17 dans le même temps que le champion olympique, qui a réglé le sprint du groupe des favoris devant Romain Bardet (Team DSM). Les principales victimes du jour se nomment Guillaume Martin (Cofidis), Vincenzo Nibali (Astana-Qazaqstan) et surtout Tom Dumoulin (Jumbo-Visma), qui a perdu près de 7 minutes sur le groupe Carapaz. La bataille est lancée, et il reste à franchir 14 sommets de catégorie équivalente ou supérieure à l’Etna !

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