Si, au gré des guerres et des crises, bon nombre de coursiers italiens ont traversé les Alpes et adopté la nationalité française, Roger Rivière n’a rien à voir avec ces migrations. Son père Pierre, qui tenait un atelier de polissage-chromage de cycles, était originaire de Saint-Jean-Soleymieux, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Saint-Étienne. Sa mère Catherine, femme de ménage, venait de Riotord, au sud de la cité ouvrière, où Roger est né le 23 février 1936.
On pourrait croire que le fiston non plus n’a jamais quitté la Loire : il est mort à Saint-Galmier, dans la banlieue nord stéphanoise, le 1er avril 1976, il y a tout juste 50 ans. Un haut lieu de sa vie ligérienne ouvre toutefois des horizons merveilleux : le Vigorelli, le café-restaurant qu’il avait baptisé du nom du légendaire vélodrome milanais qui avait consacré sa classe internationale.
L’histoire de Roger Rivière est celle d’une comète, un talent incandescent né dans une ville réputée grise, qui a illuminé les routes et les pistes de France et d’Italie avant de s’éteindre brutalement. Victime d’une terrible chute alors qu’il bataillait avec Gastone Nencini pour remporter le Tour 1960, le Stéphanois a dû raccrocher son vélo à 24 ans. Frappé par un cancer du larynx, il est mort à 40 ans.