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Egan redevient le suzerain d’hier

16/05/2021

La 9e étape a filé entre d'anciennes colonies le long du fleuve Sangro, habité depuis le Paléolithique supérieur, entre 10 000 et 36 000 ans avant la victoire de Bernal.

La ville de départ, Castel di Sangro, a été fondée au 7e siècle avant J.C., Alfedena (km 4,5) remonte au 6e siècle avant J.C. À Cocullo (km 69,9), on suit un rite inscrit au patrimoine culturel immatériel en faisant défiler dans les rues une statue de saint Dominique couverte de serpents vivants. Le rituel du serpent originel date de plusieurs millénaires.

À Castel di Ieri (km 89,4 – qui se traduirait en “château d’hier”, mais il s’agit d’une déformation d’un ancien nom), les Italiques avaient construit un temple au 8e siècle avant J.C. Son nom évoque le titre d’un roman d’Umberto Eco, L’Île du jour d’avant. Alors que des douleurs au dos avaient ruiné son dernier Tour de France et remis son avenir en doute, Egan Bernal est redevenu le souverain d’hier avec une accélération étourdissante venue lui offrir sa première victoire d’étape sur un Grand Tour, et la Maglia Rosa. C’était le résultat de la technique acquise lorsqu’il était un des meilleurs juniors au monde sur son VTT (médaillé d’argent aux Mondiaux en 2014 et de bronze en 2015), de ses extraordinaires qualités physiques et de sa volonté indomptable. Après tout, lui seul sait à quel point il a souffert pour se reconstruire physiquement.

La vie rituelle dans ces sociétés anciennes était souvent définir par différentes formes de violence : contre des clans rivaux, des envahisseurs, mais aussi lors de sacrifices purificateurs sans lesquels il était impossible d’apaiser les dieux cruels. Deux ou trois mille ans plus tard, le monde moderne ne sait plus vraiment expier cette violence, d’où ses éruptions fréquentes. Cela dit, dans le rituel moderne qu’est le cyclisme professionnel, les coureurs retournent cette violence contre eux-mêmes, parfois en prenant des risques immenses – et on attend des nouvelles de Matej Mohorič, dont le Giro s’est achevé sur une chute acrobatique dans la descente du Passo Godi.

Ils s’enfoncent dans la douleur, pour des récompenses incertaines, à l’image des efforts d’Eduardo Sepulveda aujourd’hui, qui a imité les poursuites solitaires de Bauke Mollema (6e étape) et Victor Campenaerts (8e étape), mais n’a rien obtenu de plus. Il a fallu 90km d’attaques incessantes par-delà trois ascensions majeures avant de voir l’échappée se former, et il restait trois grosses difficultés à venir. Koen Bouwman, le meilleur parmi les échappés, repris au dernier moment, a fini l’étape à seulement 31 secondes de la victoire. Geoffrey Bouchard a pris une maigre avance de 3 points sur Bernal pour la Maglia Azzurra.

Mais cette journée était celle d’Egan, dont le visage durant son dernier assaut, et les larmes dans son interview d’après-étape, en disaient long.

“Il m’est arrivé beaucoup de choses pour être ici, et mes équipiers y croyaient plus que je n’y croyais. Cette victoire est pour eux plus que pour moi. Il reste beaucoup à faire dans ce Giro, mais avec cette victoire, et cette Maglia Rosa, tout ça en valait la peine.”

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