Premières célébrations et derniers efforts
Comme de coutume, la parade romaine a commencé dans une ambiance festive et à une allure modérée. Au moment de s’élancer depuis le quartier de l’Eur, tout le monde affichait un grand sourire. L’équipe Visma-Lease a Bike avait prévu les flûtes pour le champagne et un maillot spécial pour accompagner son leader danois, sur le point de devenir le huitième coureur de l’histoire à remporter les trois Grands Tours après ses précédents succès sur le Tour de France et la Vuelta. Seulement 27,1 km ont été parcourus dans la première heure de course. L’intensité est ensuite montée de plusieurs crans.
Après un aller-retour jusqu’au littoral, le peloton affrontait huit tours sur un circuit de 9,5 kilomètres qui fait honneur aux grands Monuments romains, en passant par le Colisée ou les Thermes de Caracalla. Dans ce décor, les attaquants (Nico Denz, Rémy Rochas, Tobias Bayer…) ont tenté d’ultimes barouds d’honneur sans jamais véritablement inquiéter le peloton. Mais les équipiers de sprinteurs étaient beaucoup plus embêtées lorsqu’elles ont vu Filippo Ganna (Netcompany Ineos) se lancer à l’attaque à 17 kilomètres de l’arrivée.
Matteo Sobrero (Lidl-Trek) et Jasper Stuyven (Soudal Quick-Step) ont bondi dans la roue du géant italien pour défendre les intérêts respectifs de Jonathan Milan et Paul Magnier. Les hommes de Dylan Groenewegen (Unibet Rose Rockets) se sont pour leur part chargés de mener la poursuite, jusqu’à reprendre les fuyards à 3,5 kilomètres du but. Place à un dernier emballage final. Et à ce petit jeu, Magnier a, pour une fois, échoué à exprimer sa vitesse, tandis que Milan libérait sa puissance. L’Italien sauve son Giro. Celui de Magnier était déjà plus que réussi.