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Naître et renaître sur le Blockhaus

15/05/2022

Jai Hindley a retrouvé un immense sourire, dimanche au Blockhaus, au bout d’une étape qui a imposé des rictus de souffrance sur tous les visages. L’Australien de la Bora-Hansgrohe a lui aussi grimacé, distancé à plusieurs reprises dans la montée finale, mais suffisamment accrocheur pour résister aux à-coups de Romain Bardet, Richard Carapaz et Mikel Landa, avant de s’imposer d’un souffle devant le Français et l’Équatorien.

L’Australien s’inscrit dans la légende d’une montée baptisée par Eddy Merckx en 1967 et domptée par Nairo Quintana il y a cinq ans. Le Blockhaus, dix jours après la Grande Partenza de Budapest, ne pouvait que révéler les forces en présence. Il a confirmé les très belles dispositions de Juan Pedro Lopez, qui conserve sa Maglia Rosa pour 12’’ malgré un incident à 8km de l’arrivée, au moment où le groupe des favoris explosait.

Une journée trop intense pour Yates

Dès le départ d’Isernia, on a pu observer les intentions offensives du peloton, lancé pour 191km sur les sommets apennins, avec un dénivelé total de 5.000m. Le début d’étape était marqué par trois ascensions successives, Valico del Macerone (3e caté, sommet au km 4,2), Rionero Sannitico (2e caté, km 17,8) et Roccaraso (2e caté, km 37,6), qui permettait à une échappée de neuf coureurs de se lancer à l’avant.

On retrouvait notamment Nans Peters (vainqueur à Anterselva en 2019), Jonathan Caicedo (Etna 2020) et Joe Dombrowski (Sestola 2021), aux prises avec Diego Rosa (qui finit la journée avec la Maglia Azzurra), Natnael Tesfazion (victime d’une chute spectaculaire alors qu’il menait la course dans la descente du Passo Lanciano, à 35km de l’arrivée), Eduardo Sepulveda, Filippo Zana, James Knox et Felix Gall. Ce dernier était le mieux classé au général, à 6’48’’ de la Maglia Rosa. Mais l’écart n’a jamais atteint les 6 minutes.

Trek-Segafredo puis Ineos Grenadiers ont contrôlé la journée pour assurer une grande opposition finale sur les pentes du Blockhaus. Dombrowski était le dernier coureur repris, à 15,5km de l’arrivée. Le rythme étouffant avait déjà fait de nombreuses victimes, parmi lesquelles Simon Yates (BikeExchange-Jayco), distancé quelques instants plus tôt. Touché au genou selon ses explications d’après-course, le Britannique allait perdre 11’15’’ et toutes ses illusions.

Almeida a répondu à Bardet, Carapaz et Landa

Le train Ineos-Grenadiers avalait la pente, jusqu’à ce que Richie Porte fasse exploser le groupe des favoris à 8km du sommet. Au même moment, Lopez touchait la roue d’un autre coureur et devait mettre pied à terre. Une poursuite éprouvante commençait pour l’Espagnol, alors que les favoris se dévoilaient à l’avant.

Dans les 5 derniers kilomètres, Carapaz, Bardet et Landa ont tour à tour haussé le ton, sans jamais se séparer. À chaque fois, ils ont vu revenir Joao Almeida, flanqué de Jai Hindley et Domenico Pozzovivo. Tout ce beau monde dodelinait de la tête, secouait les épaules et s’arrachait jusqu’au dernier sprint.

Au sommet, Hindley levait à nouveau les bras, un an et demi après son dernier succès… aux Laghi di Cancano, à l’occasion de la 18e étape du Giro 2020. Quelques jours plus tard, il montait sur le podium final, après un affrontement acharné avec Tao Geoghegan Hart. Le dénouement sur le Blockhaus, qui maintient 12 coureurs à moins de 1’30’’ de Lopez malgré une bataille intense, promet de nouveaux sommets.

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