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Giro d’Italia 2021, Étape 4: Piacenza – Sestola. Le sens du “Meo”

10/05/2021

Étape 4: Piacenza – Sestola. The meaning of “Meo”

C’est l’histoire d’un mot populaire souvent utilisé autour de Sestola et à travers les Apennins, entre l’Émilie et la Toscane : “meo”. Du moins, il était essentiel à l’époque des charbonniers, ces travailleurs qui débitaient des troncs d’arbres en bouts de bois qu’ils empilaient et brûlaient lentement pour en faire du charbon. Les hommes du coin menaient cette activité saisonnière et s’engageaient parfois pendant des mois jusque dans les forêts toscanes et corses.

Aucune de ces expéditions ne pouvaient être menées sans le “meo”, un jeune homme appelé à devenir charbonnier lui-même. Il s’engageait là dans une carrière à briser le dos, en commençant par un apprentissage en tant que gardien de camp, surveillant de la nourriture, et souvent bouc émissaire des manquements de ses compagnons. Ce fardeau est devenu l’objet d’une chanson populaire sur les abris de fortune où se réfugier dans les bois lorsqu’il était impossible de travailler : “Io d’arrivare in fondo non credéo/ Dio mi riguardi di rifarlo il meo”, qui se traduirait ainsi : “Je pensais que j’en verrais jamais la fin. Dieu, protège moi d’être à nouveau un meo”.

C’est aussi l’histoire d’un autre “Meo” célèbre, avec un “M” majuscule cette fois. Romeo Venturelli est né à Sassostorno di Lama Mocogno, près de Pavullo, à quelques kilomètres du sommet du Monte Cimone, qui accueille aujourd’hui un des plus grands domaines de ski des Apennins, au milieu des forêts où les randonneurs ont remplacé les charbonniers. Venturelli était de ces coureurs qui usaient de leur talent plutôt que de la raison. Amateur, il avait refusé de franchir la ligne en première position un jour où il souhaitait s’imposer au sprint plutôt qu’en solitaire.

Fausto Coppi, "il Campionissimo"

Témoin de la scène, Fausto Coppi avait observé le potentiel de ce garçon ombrageux et il l’avait sollicité à Pavullo, pour rouler ensemble et lui demander de le rejoindre dans l’équipe San Pellegrino. Meo a donc commencé son apprentissage sous la direction de ce maître venu tempérer ses humeurs et refroidir sa tête brûlée. Mais Coppi est mort trop jeune, laissant Meo sans son mentor, et son talent pur s’est rapidement consumé. À Sorrento, sur le Giro 1960 on l’a ainsi vu battre Jacques Anquetil dans un contre-la-montre, s’offrant l’étape et la Maglia Rosa ; le lendemain, il s’effondrait et abandonnait.

Sa charbonnerie était ouverte au vent, mais Meo ne se plaignait guère. Une vie de coureur ascète ne lui correspondait pas. Il préférait briser les règles, avec la nourriture, les femmes, pendant la course : s’amuser était plus important que gagner. Même si ses résultats n’ont jamais été à la hauteur de son potentiel, peut-être a-t-il été la seul à demander à Dieu de faire de lui un “meo” à nouveau.

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